Absolument imperturbable, Rafael Nadal s'est qualifié vendredi pour les demi-finales du Master Serie de Rome, le pourtant talentueux Serbe Novak Djokovic (6-2, 6-3), tête de série N.5, faisant office de 75e victime d'affilée de l'Espagnol sur terre battue.
Nadal va comme un métronome: depuis qu'il a retrouvé l'ocre au tournoi de Monte Carlo mi-avril, il a remporté ses treize matches en deux sets (sans même jamais aller jusqu'à un tie-break).
A Rome, là où il est déjà le double tenant du titre, il avance avec une sûreté et une aisance confondante. Djokovic, comme le Russe Mikhail Youzhny battu (6-2, 6-2) la veille, n'a pourtant pas mal joué vendredi.
Depuis l'élimination surprise du N.1 mondial Roger Federer jeudi, le Serbe, vainqueur de trois tournois cette saison (Adélaïde, Miami, Estoril) apparaissait même comme le plus sérieux rival de l'Espagnol. D'autant qu'il demeurait le dernier à l'avoir battu, sur dur, en quarts de finale à Miami (6-3, 6-4).
Mais le souci pour Djokovic, 19 ans, c'est que "Rafa", 20 ans, ne connaît ni temps morts ni points faibles. Sur terre, il est un tank, et ses adversaires doivent s'en sortir avec des fléchettes.
Ainsi le Serbe a-t-il eu un mal fou a remporter cinq de ses jeux de service quand il ne se faisait pas breaker, au contraire de l'Espagnol, qui n'a même pas eu la mansuétude de lui accorder ne serait-ce qu'une seule balle de break.
En demi-finale samedi, Nadal affrontera le Russe Nikolay Davydenko, tête de série N.4, qui a éliminé l'Espagnol Tommy Robredo (1-6, 6-3, 6-3). Les deux hommes ne se sont rencontrés qu'une seule fois, sur dur, au Masters l'an passé et Nadal l'avait emporté (5-7, 6-4, 6-4).
Filippo Volandri a été l'autre vedette de la journée au Foro Italico. A 25 ans, le N.1 italien - mais seulement 53e joueur mondial -, est en train de vivre une semaine de rêve devant son public.
Après avoir éliminé le Français Richard Gasquet, tête de série N.13, puis le N.1 mondial Roger Federer en deux sets secs (6-2, 6-4), il n'a laissé aucune chance à Tomas Berdych, également battu en deux manches. Le Tchèque, tête de série N.12, n'a jamais semblé une seule fois en mesure de l'inquiéter.
"C'est incroyable, s'est ensuite félicité Volandri. J'étais attendu après le résultat d'hier (l'élimination de Federer, ndlr), j'avais un peu plus de pression. Mais je n'ai pas eu de problème ni fait de fautes. J'ai fait un match parfait".
C'est la première fois que le Toscan, bon spécialiste de la terre, atteint les demi-finales à Rome, son meilleur résultat étant jusqu'ici un quart de finale en 2003. C'est également la première fois de sa carrière qu'il accède au dernier carré d'un Master Serie.
"Une demi-finale ici, c'est quelque chose de grand. Mais je n'ai pas peur", a continué l'Italien. En demi-finale, il affrontera le vainqueur du match entre l'Argentin Juan Ignacio Chela et le Chilien Fernando Gonzalez, tête de série N.6, et qui devait se dérouler en soirée