Sur le point de rompre la veille face à Nikolay Davydenko, Rafael Nadal a remis les choses au point, dimanche, face à Fernando Gonzalez. En deux petits sets (6-2, 6-2), l'Espagnol a surclassé le Chilien pour devenir le premier joueur à réaliser le triplé sur trois ans à Rome, glanant à l'occasion, à l'âge de 20 ans seulement, son dixième Masters Series. Par ailleurs, le Majorquin a porté à 77 son nombre de matches remportés de rang sur terre battue. Le rendez-vous pour Roland-Garros est pris.
En 1h24, le numéro 2 mondial a plié l'affaire. Vingt jours après celui de Monte-Carlo, Rafael Nadal a réalisé, dimanche, le triplé à Rome. Insolent de réussite sur terre battue depuis avril 2005, date de sa dernière défaite concédée sur la surface ocre devant Igor Andreev, l'Espagnol est plus décidé que jamais à ne laisser que des miettes à ses adversaires. Sa victoire expéditive (6-2, 6-2) face à Fernando Gonzalez l'a en tout cas déjà fait entrer dans l'histoire du tournoi romain puisque le Majorquin, qui n'a d'ailleurs jamais perdu un match de simple dans la capitale italienne, est devenu le premier joueur de l'histoire à vaincre au Foro Italico trois fois consécutivement. Sa domination sans partage depuis trois saisons sur terre battue, son âge, et sa rage de vaincre à toute épreuve, laissent présager que « Rafa », lequel fêtera ses 21 ans au début du mois de juin, est capable de placer la barre très, très haute en ce qui concerne les records en tout genre sur sa surface de prédilection.
Face à Fernando Gonzalez, pour sa quatrième finale de l'année, beaucoup lui prédisait un combat difficile. La résistance héroïque de Nykolay Davydenko, samedi, avait laissé entrevoir dans le jeu de Rafael Nadal une brèche dans laquelle on imaginait le Chilien capable de s'engouffrer. Impressionnant lors de ses victoires face à Juan Ignacio Chela et Filippo Volandri, ses deux dernières victimes avant d'accéder à la dernière marche, le protégé de Larry Stefanki se présentait comme une véritable menace pour la petite merveille de Manacor ballotée pendant 3h39 la veille. Mais dimanche, le Sud-Américain a été très loin de marcher sur les pas de Nikolay Davydenko à l'occasion de sa deuxième finale en Masters Series, il avait perdu la première à Madrid contre Roger Federer en octobre dernier.
Gonzalez sans tonus
Médiocre alors qu'il avait touché au sublime lors de sa demi-finale, le numéro 6 mondial a volé en éclats devant la référence absolue de la terre battue. Sans tonus, sans solution, Fernando Gonzalez n'a été que l'ombre de lui-même. Bien trop peu inspiré, il ne pouvait être qu'une proie facile pour l'extra-terrien qui avait de son côté plutôt bien récupéré de son marathon de la veille. Auteur d'un double break d'entrée, le Majorquin enfonçait la tête de son adversaire sous l'eau dès les premiers échanges et n'allait jamais relâcher la pression. Bien aidé par les fautes directes du Chilien (31 au total contre 14 pour Nadal), le double tenant du titre empochait la première manche (6-2) après 35 minutes d'un match à sens unique. A terre suite à une chute survenue sur la balle de set, le natif de Santiago, s'il se relevait immédiatement, n'allait jamais réussir à renverser la vapeur par la suite.
Le deuxième set était une copie conforme du premier. Bien qu'un petit peu plus dans le match, Fernando Gonzalez ne retrouvait pas le punch qui fait de lui l'un des joueurs les plus puissants du circuit. Son coup droit d'ordinaire si efficace, amusait presque l'Espagnol. Ce dernier, sans pitié, pliait sans sourciller la seconde manche sur le même score que la première (6-2). En 1h24, soit plus de deux de moins que face à Nikolay Davydenko, Rafael Nadal décrochait son dixième titre en Masters Series.
Fort désormais de 77 succès d'affilée sur la brique rouge qui usa ses premières chaussures de tennis dès sa plus jeune enfance, le Majorquin, inscrit à Hambourg la semaine prochaine, arrivera quoiqu'il puisse se passer en Allemagne, avec l'étiquette de grand favori dans quinze jours à Roland-Garros. Bien plus que l'an dernier encore lorsque Roger Federer l'avait poussé dans ses derniers retranchements lors des finales à Monte-Carlo, puis à Rome.